Dans les archives des FFI de Loire-Atlantique, on trouve une notice détaillée sur les containers que les allemands utilisaient à la fin de la guerre (fin 1944/1945) pour parachuter du personnel ou du matériel rapidement et discrètement.

Voici les schémas de ces containers, modèle en contreplaqué :

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Et les détails :

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Les caractéristiques techniques et l'historique de ces containers sont détaillés dans une note du SRPJ d'Angers. En voici le résumé rapide :

A BUCY-le-LONG près de Soissons fut découvert le 25/12/1944 un morceau d'ogive et dans la même région le 16/1/1945 un container à peu près complet, qui a malheureusement été détruit par les personnes qui en avaient la garde, mais des interrogatoires poussés ont permis d'en déterminer les caractéristiques. Dans la 1e quinzaine de févriers, d'autres containers parachutés furent signalés à BEUVRY (Nord) et en Belgique. Le 10/2/1945, un container intact à été trouvé à SENNEVIERES et photographié par la liaison U.S.

Caractéristiques : forme d'un gros obut à culot hémisphérique, camouflé ocre et vert foncé. L = 4 m 20, l = 1.10, poids 150 kgs (vide). Quatre parties principales : 1/ ogive de 1 m 20 de longueur, 2/ boîte à parachute, 3/ containeur de 2.5 m de longueur et 4/ calotte hémisphérique (r = 0.55 m).

OGIVE : Contreplaqué très mince, entoilé dehors, renforcé dedans par des bandes de feuillard et de bois dans le sens de la longueur. Reliée au corps par des goujons. Ogive tronquée finie par une plaque qui permet de la relier à l'équipage de l'avion par une corde et percée par un trou pour la corde qui commande l'ouverture des parachutes.

BOITE à Parachute : Cylindre de h = 0.20 m qui vient se loger dans l'ogive. 5 logements en toile, 1 pour le parachute central, 4 pour les latéraux.

CONTAINER : Parois double en contreplaqué, divisé intérieurement en deux parties par un plancher, 1 pour le personnel (h = 1.80 m) et 1 pour le matériel (h = 0.60 m). Le cylindre porte sur une génératrice et en son milieu le système d'accrochage du container à l'avion.

CALOTTE : Tôle d'acier de 1mm, rivée sur le container, syst. amortisseur composé d'un boudin en caoutchouc roulé sur lui-même et peut-être composé d'air.

 Emploi du container : Il est fixé comme une bombe sous l'avion et largué. L'ogive se détache, n'étant fixée que par des goujons lisses au container. En fin de course, la commande des parachutes agit et freine le container qui est descendu verticalement. Le choc au sol est absorbé par l'amortisseur après déformation de la tôle protectrice. Le container doit alors se coucher et le personnel (3 hommes) dégage le matériel après avoir retiré le plancher intérieur.
Le mode d'arrimage du personnel n'a pas été défini précisément à ce jour, aucune des hypothèses envisagées n'a donné pleine satisfaction.

Raisons qui ont poussé à ce système :

Les prisonniers interceptés ont tous révélé qu'ils effectuaient sur la France leur premier saut.

Or, il se trouve que l'ennemi n'a plus le temps ou les moyens d'entraîner ses recrues parachutistes, et notamment à vaincre l'appréhension au premier lâcher. Or cela entraîne une grande dispersion au sol : quelques secondes d'hésitation devant la trappe se transforment en centaines de mètres au sol. Lâcher des hommes par ce moyen permet de faire arriver au sol une équipe néophyte avec tout son matériel et au même point.

Inconvénients :
L'économie n'est pas recherchée (parachutes), le matériel est bon marché, mais l'appareil de construction délicate.

Ce parachutage laisse des traces : il est difficile de déplacer à trois cet appareil pour le "planquer" (sic), parfois sur de longues distances. Le système d'accrochage à l'avion s'oppose à son roulage. Il est plus difficile encore de le tirer sans laisser de traces. Il est difficile de le détruire par incendie sans attirer l'attention, et de toute façon les parties métalliques subsistent.

Doit-on envisager la réalisation par l'ennemi de ce mode de parachutage?

Il apparaît que chaque fois qu'il aura à parachuter une équipe dont chaque membre aura une mission précise au moins temporairement indépendante de celles de ses coéquipiers, il procèdera par méthode classique.

Il parachutera par container quand il s'agira d'une équipe à mission ou inapte physiquement au saut à l'air libre.